Le combat d'une vie de Yangzom Tsering

Texte transcrit et traduit par Tashi Tewa Dolpo et publié dans Manjushree Thapa (éd.), LA.LIT: A Literary Magazine, volume 8, mai 2017.

Yangzom TseingPhoto : Phurwa Tashi

Les notes du traducteur, Tashi Tewa Dolpo, sont en italique tout au long de l'interview.

Il y avait déjà plus de deux mois que j'avais essayé d'interviewer Yangzom Tsering, 79 ans, sur l'histoire de sa vie. J'étais étudiant sur le sujet des inégalités entre les sexes, l'accent étant mis sur l'importance de l'expérience de femmes diverses, et la complexité des domaines socio-culturels, religieux, économiques et politiques qui impactent l'ordre social. L'histoire qui raconte comment la vie d'une femme âgée du Dolpo est façonnée par son environnement n'a pas encore été écrite dans les milieux universitaires. Que l'exercice soit enthousiasmant pour Yangzom Tsering fut une raison suffisante pour que je l'interviewe, mais son âge avancé et la détérioration de sa santé ont mis un terme à notre dernière série d'entretiens. Je voulais terminer nos entretiens, mais je voulais aussi qu'elle soit dans la meilleure forme possible, puisqu'une bonne santé viendrait aider sa mémoire. Nous avons décidé d'attendre plus de deux mois, et j'ai été heureux plus tard de pouvoir terminer les entretiens avec son plein consentement. La présence de son petit-fils, Phurwa Tashi, l'a réconfortée, et ses questions l'ont également aidée à clarifier ses réponses. Au cours de ses 79 années d'existence, Yangzom Tsering n'a pas seulement vécu la vie d'une communauté indigène isolée de l'Himalaya, le Dolpo, dans le district de Dolpa, le plus grand du Népal ; elle a également joué dans le film nominé aux Oscars, Himalaya, l'enfance d'un chef, comme actrice principale (en tant que femme du protagoniste central joué par Meme Thinley Lhundrup). Yangzom Tsering a également été témoin des nombreux changements qui ont eu lieu au Dolpo, à la frontière du Tibet, pour cette population de plus de 7 000 habitants. Il m'a été difficile de saisir l'histoire de sa vie dans des entretiens qui ont duré, en général, de quatre à cinq heures. L'histoire qui suit est une compilation et une condensation des entretiens. Yangzom Tsering est décédée en janvier 2017.

Je suis vieille. Mon grand âge m'épuise, mais je fais de mon mieux pour continuer le combat que j'ai commencé depuis mon village, Tarap, il y a 79 ans. Je suis née à Tarap. Je suis la plus jeune fille de mes parents, Jamyang et Yangchen. Mon père m'aimait le plus, alors que ma mère était plus distante et me grondait toujours. J'aimais jouer à l'extérieur, ce que ma mère n'approuvait guère. Peut-être que ma mère savait déjà ce que mon sort me réserverait dans ce village éloigné.

Tarap est l'un des neuf wards au sein du VDC de Dho [unité administrative du Népal]. Quand j'étais jeune le village était différent, même si je me souviens du chörten local, et des quelques yaks et dri [femelle du yak]. La plupart des jeunes filles du village restaient encore à la maison et participaient aux tâches ménagères quotidiennes et aux travaux agricoles. Lorsque vous me demandez ce qui a changé dans la Tarap, je dois réunir toutes mes forces pour me souvenir de tout. Mais je me souviens que les gens du coin employaient des yaks lorsqu'ils partaient pour leur commerce trans-himalayen. Maintenant ils utilisent des dhey [mules]. Auparavant les habitants se regroupaient dans le village de Tingyu dans la vallée de Panzang, ou lors des rassemblements de vénérables moines, pour troquer et échanger des marchandises. Les gens de Jumla venaient là avec du riz, et les gens du Tibet venaient avec du sel. Maintenant les gens de Jumla et du Tibet viennent rarement dans la vallée de Panzang ou à Tingyu à cette fin. La coutume du troc, qui reposait sur la confiance, a été remplacée par les liquidités. D'autre part les habitants ont développé leurs contacts avec des personnes extérieures au Dolpo, issues des régions basses du district de Dolpa.

Je n'ai jamais vu d'écoles quand j'étais jeune. L'école Crystal Mountain School a été construite à Tarap [en 1994] lorsque j'avais la cinquantaine, j'étais déjà mariée et vivais avec mon mari dans le village de Tingyu. Le développement est arrivé très tard aux portes du Dolpo. Il faut encore deux journées complètes de marche de Dho pour rejoindre Dunaï, le chef-lieu du district. Notre vie a continué sans attendre la modernité.

J'ai eu deux frères, qui sont décédés maintenant, mais qui n'ont jamais manqué de me soutenir. Mes frères, Thinley et Karma, m'ont aidée moi et notre famille à prendre soin du bétail. Ils étaient tous deux éleveurs et s'occupaient des yaks et des moutons. Moi je collectais l'herbe des champs et la disposais dans l'étable pour nourrir le bétail. Mes responsabilités ont soudainement augmenté lorsque nous avons perdu notre mère, Yangchen. Je me souviens des derniers jours de ma mère. Elle a été emmenée chez l'amchi [médecin traditionnel] Tenzin, elle a lutté contre la maladie et est décédée deux ou trois jours plus tard. Ce fut un moment très dur pour moi.

Les yeux de Yangzom Tsering se remplissent de larmes alors qu'elle se remémore cette tragédie qui l'affecte toujours.

Mon père est également décédé six ou sept ans plus tard. Aucune mort ne peut être plus brutale. Il est difficile d'accepter ces pertes inévitables, même si vous vous y êtes préparé.

Quand ma mère est décédée, j'avais encore du mal à préparer la tsampa [farine d'orge grillée] et je ne savais même pas comment faire du khora [pain]. J'ai dû demander de l'aide et inviter mes proches, comme aani [tante] Pema Bhuti.

Quand j'avais seulement dix ans, mes jambes ont commencé à faire mal à cause du froid. Dans les champs, la nature n'était pas de mon côté. Il était difficile de trouver de l'herbe lorsqu'on manquait de pluies. Quatre ou cinq yaks et quelques chevaux sont morts de faim à cause de la neige quand j'avais 16 ans.

J'ai continué mes corvées et ma routine quotidienne, y compris aller chercher l'eau. La partie la plus difficile de ces tâches était de trouver des pâturages d'hiver et de rester là dans chaque campement pendant près d'un mois et demi au moins. De la mousson à l'hiver, ces campements se nommaient Shuldey, Ghoglung, Thayung, Tara et Dhaywa. Ce travail était tellement fatiguant qu'il m'horrifiait. Je peux partager avec vous mes chagrins et mes joies de ces séjours : « L'une des tâches les plus difficiles pour moi était de préparer du yaourt et du beurre, que je mélangeais ensuite avec de l'eau, sans le caillé. Notre façon de faire consiste à agiter un dhoon-shing [baratte à beurre] de taille humaine rempli de lait pendant au moins une heure. Nous préparons le caillé en faisant bouillir le lait, qu'on range ensuite dans un endroit froid de la tente. Certains ajoutent du yaourt tout en préparant le caillé, mais d'autres ignorent cette pratique. Je me souviens que je préparais du yaourt pendant les séjours d'estivage. Je préparais également du lawu [un mélange de caillé et de petit-lait] après ébullition du yaourt, puis je filtrais les parties solides pour fabriquer du churpi [fromage sec]. Je mélangeais le chur-ku [petit-lait] restant avec de l'herbe pour préparer le fourrage, que je donnais ensuite au bétail, et aussi à nos chiens. Je me souviens aussi de dormir dehors quand il faisait chaud. Le soleil était une telle bénédiction pendant l'hiver glacial. »

Je me suis mariée à l'âge de 18 ans. Karma Tenzin, âgé de 25 ans, mon futur mari, était un commerçant avec des yaks, et il venait et restait à Tarap pendant environ quatre jours. Il avait une nature amicale. Les hommes d'affaires doivent avoir la capacité de bien parler. Les habitants de Tingyu devaient traverser Tarap en se rendant dans les parties basses du district du Dolpa, où ils échangeaient leurs marchandises pour du riz et d'autres fournitures de base.

La confiance qui découle de l'amitié, ainsi que du prestige, triomphe toujours de l'argent et fait fis des distances dans certains villages du district de Dolpa.

Les visites fréquentes de Karma Tenzin ont fini par briser la glace entre nous. J'étais timide, mais mes parents ne m'ont jamais découragée de parler. J'ai également eu d'autres amis, Kinzom et Bhuti, qui étaient amis avec tout le monde. Notre attrait tout neuf l'un pour l'autre a amené Karma Tenzin à demander à rencontrer mes parents pour une proposition de mariage. Je me suis sentie gênée d'être mariée, et même après notre mariage je suis restée à Tarap pendant deux ans. Ce temps a passé très rapidement. À la fin, j'ai dû quitter ma maison et mon village Tarap, pour Tingyu.

Le petit voyage jusqu'à la maison de mon mari à Tingyu n'a pas été difficile car nous avions un cheval. Pourtant il a fallu près de cinq heures pour atteindre l'endroit où je passerai plus tard tant d'années.

La famille de mon mari était riche. La principale source de revenus de la maison provenait des fréquents voyages à Jhyang au Tibet. Aayang [oncle] est celui qui travaillait le plus dur pour la maison. Dès mon arrivée, je me suis impliquée dans les travaux ménagers et agricoles. Bien que je fusse la deuxième plus jeune parmi les huit membres de ma nouvelle résidence, je n'ai pas vu de raison de rester à ne rien faire.

Cette perspicacité m'a peut-être préparé à faire face aux nombreuses tragédies que j'ai subies plus tard. J'ai perdu deux de mes enfants quand ils avaient seulement six ans et quatre ans. Leur décès m'a fait sombrer dans une dépression. Être une mère n'est pas facile, et lorsque vos enfants décèdent, il devient extrêmement pénible de continuer à jouer ce rôle. J'avais seulement 24 ans quand mon deuxième enfant est mort. Ces deux décès ont été causés par la diarrhée et la fièvre. Même les amchis, y compris mon mari qui était aussi un amchi, n'ont pu les sauver.

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L'hôpital de quinze lits du district de Dolpa a été construit il y a environ une quinzaine d'années à Dunaï, après l'adoption de la politique nationale de santé en 1991. Dunaï est à trois jours de marche de Tingyu. L'hôpital est souvent sans médecin et les lits sont vides. Le rapport annuel 2013, préparé par le bureau du district de Dolpa du Ministère de la santé, mentionne que les postes d'assistant de lutte contre la tuberculose et la lèpre, de technicien en éducation sanitaire et d'adjoint administratif dans le district sont vacants. La plupart des postes d'assistants de santé, des assistants de santé supérieurs, de personnels de santé adjoints, etc. restent non-pourvus. Je mentionne cette carence continue pour montrer que la présence d'un hôpital à proximité n'a que très peu changé la situation sanitaire au Dolpo.

Ces tragédies m'ont anéantie. Je me suis sentie très seule après. Je n'ai reçu quasiment aucun soutien de la famille de mon mari, et vivre à Tingyu n'a pas aidé. J'ai même essayé de quitter la maison. Il était difficile pour moi de rester là-bas, et plus difficile encore de ressasser les épreuves que j'y ai endurées. Je suis donc allée jusqu'à Sumna, qui était à seulement quelques heures de Tarap, ma maison maternelle. Je suis allée jusqu'à Sumna, pour au final revenir le même jour et retourner chez mon mari. La réflexion sur mon mariage a dominé toutes mes autres pensées. Je ne suis pas allée plus loin.

Comme vous me demandez ce qui s'est réellement passé, je vais vous le dire : après quelques années, j'ai été contrainte de donner naissance à un fils. Mon mari me harcelait pour le faire. J'ai fini par céder et accepter sa demande.

Une famille avec un fils a un capital social plus élevé dans le Dolpo. La présence d'un fils améliore les perspectives socio-culturelles et économiques des familles rurales, car les économies commerciales agraire et trans-himalayenne dépendent de la masculinité et donc de la présence d'un fils, de la capacité des hommes à exercer un travail physique. En outre, les hommes ne veulent pas que leurs richesses s'éloignent du ménage. La culture patriarcale et la discrimination fondée sur le sexe continuent à prospérer ici. Le petit-fils de Yangzom Tsering, Phurwa Tashi, qui m'a aidé lors de cette interview, a mentionné que les femmes sont considérées comme des « machines à produire des bébés dans la communauté ». Je ne peux malheureusement qu'être d'accord avec lui.

Je suis finalement devenue mère de six enfants : Bhuti, Bhumjok, Chukey, Norbu, Penjok et Thinley Norbu. J'avais 33 ans quand j'ai donné naissance à mon dernier enfant. Parmi ces enfants, il y avait deux garçons. J'étais heureuse de donner naissance à ces garçons. C'était un moment de victoire dans mon long combat. « Enfin, elle l'a fait » devait penser mon mari.

Mais mon mari, qui buvait, n'arrêta pas de boire, même après cela. Vous me demandez pourquoi il buvait. Mon mari était à la fois un amchi et un lama du monastère de Dralung, dans le village de Tingyu. Ses ancêtres s'étaient occupés de ce monastère depuis près de six cents ans. Ceux qui dirigent les rituels du monastère sont vénérés. Il a été invité à assister aux pujas [prières] dans tous les foyers. Chaque maison lui a offert son alcool local et il n'a jamais refusé une offre. Les boissons alcoolisées en provenance de Chine ont également endommagé sa santé, il s'est amaigri et a perdu la vie.

C'était un autre échec pour moi. Mon mari n'était jamais là quand j'avais besoin de lui. Pendant la plus grande partie de notre vie ensemble, il était absent la plupart du temps, traversant les cols de hautes montagnes. Il n'a jamais vraiment eu de temps à passer avec moi, bien que son désir d'avoir des fils ait réveillé l'amour que nous avions perdu plus tôt. Je me souviens encore de l'amour qu'il m'a donné quand nous étions nouvellement mariés. Mais avec sa vie occupée dans les montagnes et ses nombreuses pujas, il était très souvent absent de la maison. J'avais 58 ans lorsqu'il est décédé. Après cela, j'ai vécu seule jusqu'à ce que mon fils me demande de venir à Katmandou pour rester avec lui.

Le plus jeune fils de Yangzom Tsering, Tenzin Norbu, est maintenant un célèbre artiste de Thangka, pratiquant un art qui remonte à plus de quatre cents ans. Il a connu la renommée dans ses nombreuses expositions internationales, notamment au musée d'art Herbert F. Johnson, à l'université Cornell aux États-Unis et au jardin du Luxembourg à Paris ; ses peintures apparaissent à plusieurs reprises dans le film d'Éric Valli, Himalaya, l'enfance d'un chef, qui a été nominé aux Oscars dans la catégorie Meilleur Film Étranger.
Yangzom Tsering a également joué un rôle de premier plan dans ce film, en tant que femme du protagoniste joué par Meme Thinley Lhundrup, qui était originaire de Saldang. Dans les scènes d'ouverture, Yangzom Tsering regarde attentivement Thinley Lhundup alors qu'il conduit magistralement une caravane de yaks pour le Tibet, risquant sa propre vie. Son regard capte les défis auxquels fait face une épouse chaque fois que son mari la laisse seule pour entreprendre un périlleux voyage trans-himalayen.

J'ai eu un petit rôle dans le film. Comment ai-je même été sélectionnée pour cela ? Au début Éric Valli était bien. Je l'ai rencontré pour la première fois à Tingyu. Je lui ai donné du thé et de la tsampa quand il a séjourné dans notre village. J'ai été choisie pour le rôle parmi trois femmes, et j'ai dû aller au village de Chharka à une journée de marche de Tingyu, à travers le col de Mo la.

Je ne me souviens pas d'avoir vu le film quand il est sorti. En fait, je ne me souviens pas d'avoir regardé le film du tout.

J'ai trouvé cela surprenant. Sa mémoire la trahissait parfois, mais peut-être que de faire partie d'un film tourné dans une région sacrée pendant de nombreux mois n'était pas un des souvenirs qu'elle considérait comme important. Bien sûr, on pouvait à peine trouver une télévision dans son village à cette époque ; mais elle a également eu l'occasion de regarder le film quand elle était à Katmandou. Peut-être qu'elle ne s'en souciait plus.
Je sais que beaucoup de gens du Dolpo qui ont joué dans le film se sont sentis plus tard trahis par le réalisateur. À Chharka, où une grande partie du film a été tournée, les habitants regrettent toujours la confiance qu'ils ont placée dans le réalisateur. Ils prétendent qu'il leur a promis beaucoup mais n'a rien donné. Comme Ken Bauer l'a noté dans son livre de 2003, High Frontiers: Dolpo and the Changing World of Himalayan Pastoralists, « Le cinéaste et les spécialistes du marketing ont réduit leur ˝côté népalais˝ ». Les habitants disent que l'effet du film sur eux a été négatif.

Puis les maoïstes sont arrivés dans les vallées de Panzang, Nangkhong, Tarap et Tsharka. Beaucoup de gens étaient terriblement effrayés. J'ai été terrifiée aussi quand j'ai entendu parler d'eux. Cette peur s'est ensuite transformée en surprise lorsque j'ai vu que les maoïstes n'étaient pas différents de nous tous, ce qui a ravivé mon courage. Je me souviens de les avoir nourri dans notre maison. La caserne de l'armée à Suligad est à une demi-heure de Dunaï. Cette distance nous tenait à l'abri des combats qui se sont déroulés plus tard entre les forces de sécurité et les maoïstes.

J'ai terminé mes entretiens avec des questions sur son premier voyage à Katmandou et son expérience lors du tremblement de terre d'avril 2015.

J'étais à Katmandou, dans la maison de mon fils dans le quartier de Tinchuli, lorsque le tremblement de terre a frappé. J'ai immédiatement cru que j'allais mourir. Beaucoup de gens ont pensé qu'ils allaient mourir. J'ai été sauvée par mon fils Tenzin, avec qui j'avais passé l'après-midi. Plus tard, avec le reste de notre famille, nous avons trouvé un espace ouvert à côté du monastère de Bayroling. Nous y avons dormi dehors pendant près d'un mois.

De nos jours, mes séjours à Katmandou sont très différents de ce que fut ma première visite dans la capitale dans mon souvenir. C'était il y a 24 ans. Je suis descendue à Katmandou par la partie nord-ouest de la vallée de Tsharka. Pendant un mois, j'ai marché avec six ou sept personnes dont la plupart étaient des proches.

J'étais venue pour un pèlerinage. Je suis restée pendant un mois à Katmandou, à Bodnath. Pendant ce mois, j'ai visité plusieurs immenses monastères : Khyentse, Thrangu, Thaaru, Urgyen Tulku, Daabsang et beaucoup d'autres, comme Bodnath, Swayambhu et Pharping. Ces lieux sacrés m'inspirent toujours de la compassion et de l'affection et me motivent toujours à développer davantage ces valeurs. Bien que la pollution et la foule de Katmandou m'aient dérangée, je suis même allée à Namobuddha, à Budhanilkantha et à d'autres lieux sacrés autour de Katmandou. Et puis avec mes parents, c'était notre rituel de faire toujours la kora [circumambulation] à Bodnath, principalement le matin et le soir. Combien de tours ? Je ne m'en souviens pas vraiment.

Un mois suffit pour que je me rende compte que cette ville était bien meilleure que le village de mon mari, Tingyu, mais pas aussi bien que mon village maternel, Tarap. Mes raisons sont aussi d'ordre religieux. Je trouve les stupas de Tarap beaucoup plus beaux que les maisons de Katmandou, mais ces maisons sont meilleures que celles de Tingyu, qui ne sont pas bonnes.

Même après tout ce temps, je n'ai jamais oublié Tarap, où j'ai passé les dix-huit premières années de ma vie. □

Je remercie en particulier Manjushree Thapa pour son soutien et Phurwa Tashi pour son aide.

Tashi Tewa Dolpo

© Copyright pour la traduction française : association Action Dolpo

 
 
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